Emmanuel Tedesco co-fondateur Yogurt Factory

Comment vous est venue l'idée d'entreprendre ?

Nous venons tous deux de familles d’entrepreneurs. Il nous ait rapidement apparu clair à tous les deux que nous ne voulions pas rentrer dans un cabinet de conseil ou de fusions-acquisitions comme une bonne partie de nos camarades de promo à HEC. Nous avions tous deux le désir d’entreprendre et de prendre notre destin en main. Nous avons découvert le frozen yogurt lors de notre année de césure à l’étranger et le produit nous a beaucoup plu.

Quels sont les principaux enjeux auxquels vous devez faire face ?

Le marché du yaourt glacé est compliqué en France, encore très confidentiel, et aucune marque n’a vraiment réussi à s’imposer sur le marché. Certaines grandes enseignes étrangères se sont même cassé les dents. C’est donc à nous que revient le rôle de faire connaître le produit en France.

L’enjeu humain est évidemment fondamental dans la mesure ou notre succès dépend de la qualité de l’accueil et des équipes sur le terrain, dans un secteur ou le turnover est important.

Nous avions également sous-estimé l’enjeu immobilier qui est lui-aussi majeur car il faut trouver d’excellents emplacements (avec beaucoup de flux) à des conditions permettant une rentabilité de notre activité. Enfin, le produit étant saisonnier (en centre-ville), il faut avoir une bonne gestion de la trésorerie.

 

Pourquoi avoir fait appel à des business angels au début de l’aventure ?

Dans notre secteur d’activité, il est très rare de réussir à lever de l’argent auprès de business angels avant le démarrage du projet. Nous avons donc attendu 3 ans pour faire rentrer des business angels au capital. Il a d’abord fallu faire la preuve de la rentabilité du concept, après un premier échec à Marseille.

Les business angels sont bienveillants et là pour nous aider à développer l’activité contrairement à certains fonds qui souhaitent soit prendre une majorité au capital soit dicter une part trop importante des décisions de l’entreprise.

Que diriez-vous aux femmes qui ont envie (ou qui veulent) entreprendre ?

Nous avons autour de nous de nombreux exemples de femmes qui créent leur entreprise et qui sont d’excellentes entrepreneuses. Je pense qu’il y a moins de freins qu’auparavant pour que les femmes puissent se lancer dans l’entreprenariat.

Si je généralise la question aux hommes et aux femmes, je dirais lancez-vous tout en sachant que c’est risqué, que la trajectoire n’est jamais une ligne droite, et qu’il faut donc avoir les épaules solides pour ne pas tout envoyer valser aux premières difficultés.

 

Quelles sont vos prochaines étapes ?

Nous sommes en train de reprendre les fonds de commerce de notre principal concurrent sur le secteur tout en continuant à développer notre activité en franchise. Nous aurons 40 points de vente à fin 2018.

Il nous reste encore un peu de développement à faire en France tout en commençant à regarder certains marchés étrangers. Nous avons aussi d’importants efforts de communication à faire et de maîtrise de notre réseau de magasins.


Une phrase ou une image qui vous inspire ?

« Success is not final, failure is not fatal, it is the courage to continue that counts » – Churchill.

Toutes les entreprises sont différentes. Le succès peut être rapide ou lent ou ne jamais arriver.

Il faut avoir beaucoup de résilience pour ne pas baisser les bras trop vite et passer à côté d’une belle aventure. Il y a toujours des choses à améliorer et rien n’est jamais perdu.