Portrait d'une Business Angel : Nadine

Avec une carrière en finance d’entreprise et une expertise centrée sur le financement, j’ai occupé des postes de direction en communication financière et financement/trésorerie dans des groupes du SBF120, essentiellement dans le secteur des biens de consommation.

Business Angel, c’est arrivé comment ?

En 2012, à la faveur d’une transition professionnelle. Ces phases de la vie sont l’opportunité de sortir « le nez du guidon », de s’autoriser à sortir du cadre et à élargir le champ des possibles. Je n’avais aucun(e) business angel dans mon réseau et n’y aurais donc pas pensé spontanément sans le conseil avisé de la coach qui m’accompagnait d’entrer en contact avec Femmes Business Angel. Je me suis inscrite à une Rencontre Mensuelle, et j’ai accroché immédiatement. Parce que ce rôle correspond complètement à ce qui me motive : découvrir de nouveaux secteurs, de nouveaux modèles économiques, construire et avoir un impact, rencontrer des personnes inspirantes.

Que diriez-vous aux femmes pour leur donner envie de tenter l’aventure FBA ?

Devenir business angel est une formidable occasion de contribuer au monde de demain, de se sentir utile en mettant son expérience et son réseau au service d’entrepreneurs, jeunes et moins jeunes. Et de faire de belles rencontres. Le faire au sein de FBA permet de profiter de la capacité du réseau à attirer et sélectionner des dossiers intéressants et de bénéficier de l’expérience des membres plus expérimentées dans une atmosphère bienveillante et stimulante.

Quels sont vos critères d’investissement ?

Le projet, bien sûr. Avec, sous l’influence de mon parcours professionnel, et parce que c’est plus facile de se projeter en tant que client ou consommateur potentiel, un prisme BtoC assez marqué. Certains projets BtoB sont parfois compliqués à évaluer quand on n’a pas de background technique, et j’évite d’investir si je ne comprends pas la technologie.

Et surtout l’équipe, la clarté de la vision du ou des porteurs de projets, leur force de conviction, leur capacité à entraîner, mais aussi leur capacité d’écoute et de remise en question, la complémentarité des profils, la répartition des rôles dans l’équipe et l’existence d’un leader.

Si le projet me plaît, mais si j’ai un doute sur l’équipe, je n’y vais pas. Je préfère également investir dans un projet avec un seul fondateur, plus risqué, si j’ai confiance en sa capacité à bien s’entourer, plutôt que dans un attelage de circonstance, qui ne tiendra pas la distance. Quand on investit en amorçage, on s’engage pour une durée de 5 à 10 ans, et il vaut mieux sentir que le capitaine et l’équipage du bateau sauront naviguer dans des eaux houleuses et résister aux tempêtes !

Parlez-nous d’un investissement qui vous a marquée ?

J’ai réalisé 7 investissements, chacun est singulier, de par l’activité de la société, la personnalité des porteurs de projet, et les vicissitudes du développement. Je voudrais néanmoins citer Jestocke.com, plateforme de costockage dans laquelle j’ai investi en amorçage en 2014, puis à nouveau en 2016 lors de la série A. Mes raisons pour investir : j’étais intéressée par le développement de l’économie collaborative, et j’ai été impressionnée par la détermination et l’énergie de Laure Courty, la fondatrice. La société s’est bien développée, emploiera une vingtaine de personnes en 2020, et vient de boucler sa série B. Laure a su pivoter d’un modèle 100% CtoC à l’origine vers un modèle mixte en nouant des partenariats avec des gestionnaires d’actifs immobiliers disposant d’espaces inemployés. Et elle a toujours été attentive à la communication vis-à-vis des business angels, ce qui est très appréciable.

Une phrase inspirante ?

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle » Paolo Coelho.