« Être Business Angel est une vraie aventure » Florence Richardson

Florence Richardson, Présidente FBA, était invitée au webinar "Lever des fonds auprès des BA : les bonnes pratiques", organisé par le nouveau réseau tunisien de femmes Business Angels, DAMYA, le 8 mai 2020.

Partout dans le monde, les femmes se sont organisées pour apporter un soutien financier, technique et moral aux jeunes entrepreneures. Une initiative du genre a également émergé en Tunisie avec Damya, une association pour Business Angels tunisiennes. “Notre objectif est de voir de plus en plus d’entreprises et de startups menées par des femmes”, a souligné Douja Gharbi, cofondatrice de Damya, lors d’un webinar organisé par l’association.

Tout comme les entrepreneures qu’elles soutiennent, les Business Angels ont elles aussi besoin d’être accompagnées. “En faisant partie d’un réseau, les business angels profitent d’un sourcing plus simple, de partage d’expérience et de la mutualisation des compétences”, a souligné Florence Richardson, présidente de l’association française Femmes Business Angels (FBA).

Pour Florence Richardson, “faire partie d’un réseau de business angels permet d’avoir un échange de points de vue et de bien se projeter dans le futur”. En effet, les business angels investissent leur propre argent dans des entreprises en très early stage où le risque est élevé. L’entrée des Business Angels intervient juste après la phase de love money, tout au début de la vie de l’entreprise. “Être business angel est une vraie aventure”, souligne la présidente de FBA. Selon elle, certains attribuent la faible présence féminine dans le monde de Business Angels à ces hauts niveaux de risque. En France, par exemple, 90% des business angels sont des hommes, avec une moyenne d’âge de 57 ans et dont 70% ont exercé l’activité de direction générale. “Les femmes, victimes du syndrome de la bonne élève, estiment ne pas avoir les compétences nécessaires pour exercer une telle activité”, a souligné l’interlocutrice. Et d’ajouter: “En tant que réseau, nous avons aussi pour mission de fournir aux femmes les connaissances nécessaires au métier de Business Angel”.

Mais qu’en est-il de la mission principale de ce réseau, pour améliorer l’accès des entrepreneures au financement ? “50% des fonds investis par notre réseau ont été levés par des entreprises créées par des femmes”, a précisé Florence Richardson.

Investir dans une entreprise en early stage a ses propres spécificités. D’abord, ceci émane du fait que l’investisseur ne dispose pas de suffisamment de données historiques sur lesquelles il peut reposer son choix. Aussi, la nature de la relation qui lie le Business Angel à l’équipe fondatrice est un élément clé lors de la prise de décision: “Pour apporter de la valeur ajoutée, il faut qu’il y ait une relation de confiance entre les deux parties,” a indiqué Florence Richardson. Pour elle, cela fait que la décision d’investissement repose en grande partie sur la qualité de l’équipe fondatrice. Bien évidemment, l’équipe n’est qu’un facteur parmi d’autres: l’offre, le marché, la proposition de valeur, le business model… qui sont à étudier par les Business Angels.

Ici encore, faire partie d’un réseau apporte son lot d’avantages aux Business Angels, comme en témoigne la présidente de FBA. Car, à travers ses nombreux partenariats, le réseau est en mesure de mettre à disposition de ses membres d’importants canaux de sourcing. C’est ainsi que FBA reçoit et traite, chaque année, plus de 600 projets. En tout, le réseau a investi dans plus de 150 startups actives dans différents secteurs.

Par Ahmed Saoudi, « Les startuppeuses tunisiennes se font toujours rares. Ces femmes Business Angels qui veulent changer la donne. », Le Manager, le 28 mai 2020